Guillaume Célestin Trémorin

par Gabrielle Breton-Carbonneau, Monica Heller et Yves Frenette

Guillaume Célestin Trémorin

Guillaume Célestin Trémorin naît le 19 septembre 1846 à la ferme La Tretrie, dans la commune de Roz-Landrieux (canton de Dol de Bretagne, département d’Ille-et-Vilaine, Bretagne). Son père est cultivateur ; Guillaume Célestin apprend donc à cultiver la terre à un jeune âge. Ayant développé une passion pour les chevaux, il devient maquignon. Le 13 juin 1871, à l’âge de 25 ans, il épouse Anne-Marie le Corvaisier, elle aussi originaire d’Ille-et-Vilaine.

Église de Roz-Landrieux, France

« Ruiné par le marché des chevaux car les gens ne pouvaient plus payer leurs dettes à cause de la crise économique que la France traversait à ce moment-là, Guillaume a décidé de quitter son pays pour le Canada ».

Famille Trémorin, p. 5
Acte de mariage de Guillaume Célestin Trémorin et Anne-Marie Le Corvaisier, le 13 juin 1871.
Acte de mariage de Guillaume Célestin Trémorin et Anne-Marie Le Corvaisier, le 13 juin 1871.
Maison de Guillaume Célestin Trémorin, Le Tronchet, France

Accompagné d’Anne-Marie, de ses deux fils, Guillaume-Joseph (18 ans) et Jean-Marie (15 ans), ainsi que d’une domestique du nom de Joséphine Lainé, il quitte la France pour Liverpool, d’où il s’embarque sur le paquebot Vancouver, le 31 mars 1890. Vingt jours plus tard, la famille se rend par train à Manitou, au Manitoba, après être passée par Winnipeg, où Guillaume-Célestin s’est fait concéder un homestead, le S.E. 34-6-9 , près de Saint-Léon, dans un territoire qui deviendra l’année suivante la paroisse de Notre-Dame-de-Lourdes.

Quelques mois après leur arrivée, il écrit une lettre à Auguste Bodard, secrétaire de la Société d’Immigration française de Montréal, pour le remercier de les « avoir envoyés au Manitoba ».

Première lettre de Guillaume Célestin Trémorin à Auguste Bodard, dans le colonisateur canadien, 10 décembre 1890
Deuxième lettre de Guillaume Célestin Trémorin à Auguste Bodard, dans Le colonisateur canadien, octobre 1891

Les membres de la famille Trémorin deviennent citoyens canadiens en 1896 ; cette même année, Anne-Marie décède des suites d’une paralysie cérébrale. Peu de temps après, Guillaume vend sa terre pour aller rejoindre ses fils près de Saint-Claude sur leur homestead 16-8-7.  En 1899, il achète lui-même une terre au nord de Saint-Claude, sur un territoire qui sera annexé en 1911 à la paroisse de Saint-Denis de Haywood.

Recensement du Manitoba, le 24 août 1906
Guillaume Célestin Trémorin, Louise Perrais Trémorin et leur fille Reine, 1911.

En 1901, Guillaume Célestin épouse en secondes noces Louise Perrais, originaire de Pont-Château, dans le département de Loire- Atlantique. Cinq ans plus tard, accompagné de sa femme et de Reine, leur fille de trois ans, il s’installe à Saint-Claude, sur le homestead 30-8-6.

En 1913, Guillaume Célestin loue sa terre à Adélard Perreault et décide de retourner en France avec Louise et Reine, afin de voir si les conditions de vie se sont améliorées (voir la carte postale ci-dessous). Déçus de ce qui les attend, ils restent un an à peine ; effrayés par les rumeurs du déclenchement de la guerre, ils reviennent sur leur terre d’Haywood en 1914.

Carte postale de Reine Trémorin à sa marraine, 29 décembre 1913.
Musée de Saint-Claude, Manitoba,
( Source : https://bit.ly/2QG4nT0 )

En 1920, Guillaume Célestin vend le lot 30-8-6 et déménage à Saint-Claude, dans la rue principale, pour être plus proche de ses fils. Il bâtit une écurie, maintenant devenue un musée laitier.

En 1927, lors du mariage de Reine à Paul Arbez, il lui lègue sa maison et va s’établir un peu plus au nord. Trois ans plus tard, il vend le lot SE 34-6-9 à Jean-Baptiste Rozière.

Guillaume Célestin Trémorin décède en 1937,  à l’âge de 91 ans. Il repose au cimetière de Saint-Claude.